Patrimoine chorégraphique vivant de l'Océan Indien

…#31#... - COMPAGNIE MY CREW

« Ici, tout est « normal ». Ici, personne ne sort du cadre. Ici, nous veillons à ne pas décider pour ne pas déranger. Surtout ne rien faire de peur de mal faire. Attendre. Juste attendre. Faire comme les autres voudrait que l’on fasse. Nous pouvons nous cacher derrière des carapaces jusqu’à l’implosion. Tout être humain est un animal social et un être singulier, sans cesse balloté entre les affects et la raison. Serait normal ce qui est raisonnable, bien ou bon ? Être conforme. Pour certains, la normalité serait une recherche utopique de l’universel, et en tant que telle, un obstacle à la créativité. Mais créer, n’est-ce pas précisément transgresser les normes ? L’anormalité est ce qui sort de l’ordinaire, tout acte de création est donc de fait anormal ? L’acte de création, n’est pas un acte ordinaire. La danse exige de l'audace et du courage. De la créativité et de la vision. De l'anormalité. » Fils de chorégraphe, j’ai reçu une éducation droite, carrée. J’ai été programmé, forgé par mon père pour faire de la danse. Jeune, je ne me posais pas la question de faire de la danse par envie, c’était normal. Cela devait être comme ça. Tout était planifié, j’avançais sur des lignes droites, je m’intégrais dans le cadre de ce qui semblait être la normalité de mon père. Une vraie pâte à modeler. Arrive le blocage avec cette sensation d’étouffement. La révolte de l’autorité parentale, propre à chaque adolescent me pousse à sortir de l’ordre établit. Je découvre le Hip Hop, non pas la danse mais le rap. Ici pas de pote danseur – la danse c’est pour les filles – et je trouve un moyen de m’émanciper et de sortir de la danse. Créer une séparation entre les deux mondes, vivre avec la contrainte de danser pour rester normal aux yeux de mes proches et trouver une liberté dans le rap pour ne pas devenir fou. Refouler nos instincts les plus bas… Tel Dr Jekyll et Mr Hyde… deux murs, deux frontières qui encadrent la normalité en deçà et au-delà desquelles la chose considérée ne serait plus « normale ». Y a-t-il donc une frontière qui sépare la normalité de l’anormalité ou existe-t-il une zone tampon, un no man’s land entre les deux ? A 18 ans, arrive le déclic lors d’une participation à un festival et suite à une formation, je me lance corps et âme dans ma vérité de la danse. Après un parcours fait de rigueur et d’académisme, j’ai trouvé mon écriture. De recherche en recherche, cette écriture est en perpétuelle construction. Une chose reste constante, ma révolte du cadre et ne jamais s’enfermer dans une étiquette. Ne pas se faire influencer et rester brut. Le travail sur la musicalité aussi. Le rythme du cœur commun à tous. Mais quand on casse ce rythme, qu’est-ce que cela provoque ?

 

Distribution

Chorégraphie et interprétation : Claudio Rabemananjara
Production : My Crew Compagnie
Durée : 20 minutes
Remerciements : L’Institut Français de Madagascar, Le LAB (Les Agités du Bokal) - Cie Artefakt, L’Espace culturel Guy Agénor pour l’accueil en résidence, la Cie Soul City.

 

Claudio Rabemananjara 

Né à Tamatave en 1991, il est chorégraphe et danseur-interprète au sein de la compagnie AndRabe pendant 16 ans et a fondé la compagnie My Crew en 2013. Il a côtoyé le monde de la danse dès son tout jeune âge et a commencé très tôt à apparaître sur des scènes professionnelles. Plusieurs collaborations et formations avec des chorégraphes extérieurs (Bernardo MONTET, Hélla FATTOUMI) lui ont permis d’enrichir son travail. Il a commencé à se faire un nom en interprétant la pièce « Plainte » de Jean- Claude RABEMANANJARA en 2009. Puis, il s’affirme en tant que chorégraphe avec sa première création « Gaigylahy» en 2010 suivi de Sun above en 2011. L’année 2014 a été marquée quant à elle par la création du duo « MDR » et de son solo « Je suis ».
En 2014 également, la pièce chorégraphique « En’rgia » est créée avec quatre interprètes malgaches. Cette pièce a été réadaptée pour trois danseurs réunionnais lors d’une résidence à la Cité des Arts à l’île de la Réunion en mars 2016. Sa compagnie de danse s’est produite dans plusieurs festivals nationaux et internationaux : Mistaka à Tamatave, 321 à Tana, On Marche à Marrakech, Danse Péi à la Réunion, MASA (Marché des Arts du Spectacle Africain) en Côte d’Ivoire. En 2015, il créé et codirige avec la compagnie Andrabe, le premier festival international de danse en paysage urbain « ART-iARY» à Tamatave et à Fénérive Est. En 2017, il créé le solo #31# (autobiographique), et reprend la direction du festival « ART-iARY» (Art & Environnement) à Tamatave. En 2018, il s’installe à la Réunion et intègre la comédie musicale Voix de Brousse dirigée par Urbain Philéas en tant que chorégraphe-interprète. Il est également danseur pour la compagnie Yun Chane dans la pièce POC(s). En 2019, il est interprète-danseur pour la compagnie Morphose dans la pièce la « Révolte des Papillons ». Il intègre également la pièce « Qu’avez fait de ma bonté » de Nicolas Givran en tant que comédien. En parallèle, il créer son association artistique sur le territoire réunionnais : My Crew et commence sa création chorégraphique, « Zina » un trio féminin. En 2020, il rejoint la compagnie Soul City pour interpréter la pièce « Le sol oblige ».

 

 

* "Ça revient vite !" un partenariat Région Réunion / Les Bambous, avec avec la complicité de l’ARAC, Lalanbik - centre de ressources pour le développement chorégraphique Océan indien, le BiSiK et L’ONDA - l’Office national de diffusion artistique.
 
Un évènement en partenariat avec Le théâtre Les Bambous, le CRR Réunion, le @Bisik, Lalanbik et @l’ARAC !
« Attention ça revient vite ! »